Loin

Je me sens loin.

La tempête

Je suis déçu. Je me sens nul. Et loin.
J’ai raté la tempête. Pas une tempête, la tempête. Celle qui sculpte la nouvelle image de notre pays. Celle qui rappelle à tous les valeurs d’un hiver Québec. Celle qui rend notre gazon plus vert que celui du voisin, le printemps venu.
Ils l’ont sous-estimée, ignorée et ridiculisée. L’arrogance de ceux au pouvoir lui a amplifié son ardeur le Québec.
J’en parle partout de cette tempête. Les jours de froids étonnent les étrangers à qui j’en parle. Plus de cent jours? Oui, et nous continuons de nous battre! Ne m’en voulez pas de parler au « Nous » même si je ne suis pas sur le champ de batail. Mon équipe se bat pour une victoire collective. Le Canadien peut être une « métaphore de notre sort », mais ici, fini la poésie et place au vrai combat. L’arbitre à la solde de l’adversaire ne nous fait pas peur parce que nous aspirons à plus qu’à un retour d’une équipe de hockey ou à la construction d’un nouveau pont. Nous voulons rebâtir notre société qui, laissée dans les mains de cigales, dépérit rapidement devant les yeux dans la graisse de bine des bons québécois dociles.
J’ai manqué LA tempête qui m’empêche d’aller à l’école parce que les rues sont impraticables. Celle qui fait le tour du monde. On en parle partout. La Russie se targue d’être moins rude.
J’en ai vu des petites tempêtes. Celles qui ne font qu’énerver les banlieusards, mais qui ne les empêchent pas de traverser vers la métropole. Cette petite neige chronique était précurseur de celle qui frappe le Québec. Le futur de mon pays tente l’ultimatum pour mieux. Ils risquent de perdre des mois, des heures en AG, des sous, pour gagner leur avenir : une société meilleure et distincte et un pays.
Les cigales corrompues qui chantent les vertus du nord et de la corruption… construction, ont infecté le système. La nature réagit et prend d’assaut la rue. On la frappera, la nature est plus forte que les gaz. Manifestement, elle ne s’essouffle pas, même si on la menace de prison et d’amande, de couper les racines. Les lois deviennent légales lorsque le pouvoir décide qu’elles ont lieu d’être. Le pouvoir n’est plus au parlement, ni dans les matraques policières.
La rue a un pouvoir qu’elle apprend à manier. La nouvelle génération devient adulte. Elle devient adulte dans une tempête d’affiches, de violence et de silence bruyant.
J’ai manqué la tempête qui gèle la moelle. Qui pénètre au plus profond de l’être pour réveiller chaque cellule endormie et les forçant à réchauffer le système. Chacune doit travailler. Chacune a son rôle.
Quand nous voterons, pensons-y.

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One thought on “Loin

  1. Michebela says:

    Oui un printemps qui maintenant résonne au son des casserolles… C’est magique.

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